Prédiffusion

C'est pas parce que c'est pas encore arrivé qu'il ne faut pas en parler

juin 10th, 2010




Prédiffusion: 6 juin 2010 : diffusion prévue pour le 3 mai 2019 par Alexia Helms


Nous profitons de la période estivale pour continuer à présenter différents métiers. Cette semaine nous allons visiter les métiers personnelles, ou quand être vous-même procure un salaire.

Avec l’explosion des médias personnels (autrefois médias sociaux) dans les 10 dernières années un paquet de nouveaux métiers sont apparus sur le radar. Certain parmi vous ont même des enfants qui gagnent mieux leurs vies que la plupart des adultes. Qui sont-ils ? et comment s’y prennent t-ils pour vivre si bien en ne produisant rien ? C’est ce que Prédiffusion va tenter de vous expliquer dans cet article.

Les préjugés sont coriaces pour ce qui est des métiers des média personnels. Le principal d’entre eux est que ces gens se la coule douce. Il n’en n’est rien et vous allez le découvrir.

Commençons avec avec Jérémie, un skieur de 45 ans qui vit de lui-même depuis près de 6 ans. Le tout a commencé en 2014 quand une agence de profilage est tombée nez à nez avec le skieur. L’agence YAAN (YouAreANetwork) faisait un exercice de profilage avec un mot à clés multiples de CMETA et est tombé pile sur le profil social de Jérémie. Ce dernier avait un réseau personnel de plus de 20 000 pupilles et correspondait exactement à ce que YAAN cherchait : fin trentaine, marié, sportif, fanatique de séries télé rétro et j’en passe. Tout de suite YAAN proposa un salaire de 6 000 $ par mois en échange de quels que services de diffusion. Jérémie allait envoyer les liens proposés par YAAN à ses amis et les inviter à des évènements dans les nombreuses plateformes persistantes. Il allait, en toute continuité avec ses intérêts, diffuser des idées et des produits à ses pupilles avec une efficacité redoutable.

Bien sur, les pupilles de Jérémie étaient au courent de ce lien : c’est obligatoire depuis 2013. Mais ça marche quand même à merveille pour l’agence de prospection sociale. Le but est de faire des testes de développement de produits culturels et de tester l’impacte d’un nouveau film, groupe musical, livre ou autre, dans une classe culturelle bien précise.

Selon un resserrement du gouvernement, ils seraient plus de mille individus à exercer ce métier au Québec seulement. Ces gens ont un réseau bien garnie et un pouvoir d’attraction réel. c’est ce qui fait leur force Au secondaire, ces gens là ne se faisait pas enfermer dans des casiers. Mais leur vie n’est pas pour autant de tout repos. Ils étaient maniaque de techno et médias personnels avant le premier contrat cependant maintenant ils doivent le rester. En liaison constante avec le net, ils doivent sans relâche mettre à jours leur profil personnel et communiquer en tout temps leur position. Le « boulot » est très accaparent et plusieurs s’en lassent. Certaine personnes se montent une identité trop grosse qu’ils ne sont plus capable de suivre et garder. Les vrais stars ont le droit de prendre des pauses indéterminées mais pas trop longtemps. Il en va de leur crédibilité.

Certain dirons que ce type de liaisons commerciales n’est pas nouveau et qu’il a commencé il y a plus de 10 ans. Ils ont un peut raison cependant, la grande nouveauté de nos jours vient des agences qui s’occupent de ces gens là. Ils négocient les contrat et savent exploiter le profil de leurs protégés. L’industrie est mature nous dit Jasmin Virard principal associé chez YAAN. Au début raconte t-il c’était tellement artisanal que parfois nous engagions des personnes…. qui n’existaient pas. Leurs profils correspondaient à nos besoins mais la personne derrière ne correspondait pas du tout…et c’était un de ses nombreux profils…genre un peu skizo.

Voici maintenant un autre métier personnel tout à fait opposé au dernier. Il s’agit des suiveux professionnels. Pour comprendre voici le cas de Bastien, 25 ans, musicien compulsif et surtout mélomane fini. Dans ses liens personnels il n’y a que des groupes de musique, des labels, des artistes et j’en passe. Bastien n’a pas nécessairement beaucoup d’influences dans la toile des médias, cependant, il a des goûts qui ne trompent pas, l’agence Suivons est tombée sur ce fou de musique en analysant les commentaires d’internautes sur les 5 dernières années sur les gros sites musicaux. Ils se sont rendu compte que notre mélomane avait commenté positivement tous les disques de groupes indépendants deux à trois ans avant qu’ils ne connaissent un énorme succès. Voilà qui est utile pour les compagnies d’artistes. Bastien est l’arme secrète de l’une d’entre elle. Il ne se pointe pas au bureau, il ne fait aucun rapport. Il fait comme il a toujours fait à la différence que maintenant, tout ses faits et gestes sur les sites de musique sont directement reportés à Suivons. Suivons les analyse et renvoi le tout à la fameuse compagnie d’artiste. Que ce soit commenter le blogue d’un artiste, visiter la rooma d’un guitariste ou écouter des disques dans un site de vente de musique, Suivons veut tout savoir. En fait Suivons veut savoir qui Bastien suit.

Cela semble agréable pour Bastien. Il n’en reste pas moins qu’il était avant son contrat une bête d’écoute et de dépistage. Mr Jenlouis HasBrow nous explique : Bastien passe plus de 12 heures par jours à écouter de la musique et faire des choses en lien avec des groupes. La première chose que nous lui avons demandé en le signant est de ne rien mais rien changer à son comportement. La clé de notre succès est de disparaître une fois l’entente conclue. Si notre employé nous oubli, c’est que notre mission est accomplie car la non-influence des gestes est assurée.